Les Etats-Unis font chanter le Liban

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La stabilité au Liban ne semble plus une priorité pour les Etats-Unis, comme cela a été le cas depuis 2005, révèle le journal libanais al-Akhbar. A la foi de responsables libanais ayant rencontré récemment leurs homologues américains, des voix s’élèvent de plus en plus en faveur d’un nouveau repositionnement de la politique américaine, pour attiser la lutte contre l’axe de la résistance dans la région. Les résultats des législatives de mai 2018, au cours desquelles le Hezbollah est sorti la main haute semble les avoir désenchantés.

Dans son constat, Al-Akhbar indique que l’ambassadrice des Etats-Unis au Liban Mme Elisabeth Richard a rapporté ce même contenu au chef de l’Etat libanais Michel Aoun et au Premier ministre Saad Hariri.
Elle leur a fait part que les faucons au sein même de l’administration américaine réclament de déstabiliser le pays du cèdre, dans le but de forcer la pression sur le Hezbollah et ses alliés dans ce pays et de retourner les Libanais contre lui. Toujours selon le journal libanais, ils proposent un plan d’action dans deux domaines, celui de l’aide américaine procurée à l’armée libanaise et celui du secteur banquier.

S’agissant du premier, ils en veulent aux forces armées libanaises qu’elles ne sont pas hostiles au Hezbollah. Pourtant, les Américains s’accaparent l’armement destiné à cette armée comme s’il s’agissait de leur partenaire dans la région, à l’instar des pays du Golfe et de la Jordanie. Ils empêchent aussi toute autre alternative à l’État libanais. Dans certains cas, des hommes politiques libanais avaient proposé de se tourner vers la Russie. L’Iran aussi a plusieurs fois déclaré être disposé à fournir des équipements militaires à l’armée libanaise.

A vrai dire, l’aide américaine fournie à l’armée libanaise répond beaucoup plus à une contrainte imposée par Washington qu’à une demande présentée de la part des Libanais. Ces derniers sauront la remplacer si elle est suspendue… Une forte probabilté que les Américains prennent surement en considération.

S’agissant du secteur banquier, une source libanaise au courant des discussions au sein de l’administration américaine rapporte que d’aucuns suggèrent que la préservation de la stabilité du secteur financier libanais ne constitue plus une nécessite pour la sécurité nationale américaine. Sachant que depuis l’avènement de Donald Trump, d’innombrables mesures ont été imposées à ce secteur pour le fermer face Hezbollah, suspecté de savoir en profiter. L’exacerbation de ces mesures pourraient nuire à leurs alliés et avoir donc des effets contraires à ceux escomptés.

Dès lors, d’après les sources informées, cette discussion sur ces velléités déstabilisatrices du Liban n’en est pas encore au stade d’une décision,et les avis sont départagés au sein de l’administration Trump.
Aussi bien les services de renseignements américains et le commandement central au sein de l’armée américaine en ont une opinion défavorable, rapporte al-Akhbar. De même pour les Européens qui appréhendent une nouvelle vague de flux d’immigrés.

Encore faut-il croire que les Américains peuvent mener à bien s’ils le décident cette déstabilisation. Jusqu’à présent, les différentes politiques qu’ils ont menées au Liban pour y affaiblir le Hezbollah ont été vaines. Faute de quoi, ils poursuivent leur chantage.