Le secteur immobilier libanais veut rassurer après l’affaire Sayfco Holding

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Au lendemain de l’annonce, par l’avocat Sakhr el-Hachem en charge du dossier pour Sayfco Holding, de la conclusion d’un accord pour résoudre une partie des difficultés financières de Sayfco Holding, les représentants du secteur immobilier se voulaient rassurants. Les difficultés traversées par Sayfco Holding sont exclusivement liées à des « conflits internes » au sein de la société de promotion immobilière, ont-ils assuré à L’Orient-Le Jour. « Ce qui s’est passé avec Sayfco Holding n’est pas habituel (…). Les promoteurs et les développeurs libanais sont très sérieux », a affirmé mardi le président d’honneur du syndicat des agents et consultants immobiliers au Liban (REAL), Massaad Farès. Même discours du côté de l’actuel président du REAL, Walid Moussa, qui a évoqué hier un « cas isolé », pas représentatif de l’état du secteur.

Plaidoyer pour un ministère du Logement
Sayfco Holding a accusé d’importants retards dans la livraison de trois projets immobiliers d’envergure dont elle assurait la promotion. Selon ses représentants légaux, la société a de plus rencontré d’importantes difficultés financières provoquées par la gestion présumée « frauduleuse » de son président Chahé Yérévanian, qui a quitté le pays. Mardi, les principales parties prenantes ont annoncé leur intention de porter plainte contre ce dernier et se sont engagées à livrer les chantiers programmés à Faqra, Dbayé et Nabay (Antélias). « Il n’y a aucun nouveau développement depuis », a assuré l’avocat Sakhr el-Hachem en charge du dossier pour Sayfco Holding.

Cette affaire survient alors que le secteur immobilier, dont l’activité a été impactée par le conflit syrien qui a éclaté en 2011 et les tensions diplomatiques entre le Liban et les pays du Golfe ces dernières années, traverse une période difficile. La demande est en effet en berne depuis la suspension par la Banque du Liban (BDL) des subventions sur les prêts au logement en livres libanaises, suite à une combinaison de plusieurs facteurs.

Une situation qui pousse M. Moussa à réitérer dans un courrier adressé aux députés et chefs de blocs parlementaires son appel pour la création d’un ministère du Logement. Il souligne notamment que cette initiative permettra de servir plusieurs objectifs en matière de logement social et de planification urbaine, afin d’assurer en coopération avec le secteur privé un « développement équilibré sur le plan géographique ».