Nasrallah reconnaît le rôle prééminent de l’État dans la défense des droits

LIBAN-SUD : Le chef du Hezbollah a laissé entendre que son alliance avec le CPL sera fonction des circonscriptions.

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a assuré hier sans ambages que sa formation ne se mêle pas du contentieux libano-israélien relatif à l’exploration gazière et pétrolière offshore, ou à la délimitation des frontières maritimes et terrestres, tout en soulignant que l’État devrait l’utiliser comme un atout dans le bras de fer qui l’oppose à Israël autour de ces deux dossiers.

« Nous nous sommes engagés depuis l’an 2000 (date du retrait israélien du Liban-Sud) à ne pas nous mêler du tracé des frontières terrestres et maritimes, qui relève de la responsabilité de l’État (…) Les droits du Liban sont définis par l’État et ses institutions. Je n’accorde pas de privilège. Défendre le pays est la responsabilité des autorités. La Résistance n’a fait que combler un vide à un moment donné (…) mais cette responsabilité commande aujourd’hui aux institutions officielles de s’armer de courage et de traiter ce dossier à partir d’une position de force, et non pas de faiblesse sous prétexte que les pressions US ou autres sont trop fortes », a affirmé Hassan Nasrallah, en allusion à la médiation américaine autour du conflit libano-israélien relatif au bloc 9 de la Zone économique exclusive (ZEE) du Liban. Israël argue qu’une partie de cette zone se trouve dans son territoire.

En ce faisant, le leader du Hezbollah s’est ainsi positionné pour la première fois en recul, concédant aux autorités le rôle naturel qu’elles sont supposées assumer pour protéger les droits et les intérêts du Liban.

Hassan Nasrallah qui s’exprimait dans un discours télévisé à l’occasion de la cérémonie organisée dans la banlieue sud pour la « commémoration annuelle des grands martyrs du parti », Ragheb Harb, Abbas Moussaoui et Imad Moghnié, a dans le même temps souligné que son parti reste disposé à soutenir l’État dans sa bataille pour faire prévaloir sa souveraineté sur le bloc 9 de la Zone exclusive économique en Méditerranée. « Dans cette bataille, la seule force dont vous disposez est la Résistance, car il est interdit à l’armée libanaise d’avoir les missiles et les armes pour affronter les ennemis. » « Si Israël vous menace, vous pouvez le menacer. Si les Américains vous demandent de coopérer avec eux pour qu’ils puissent vous protéger contre Tel-Aviv, dites-leur de satisfaire vos demandes s’ils veulent que vous reteniez le Hezbollah pour l’empêcher d’intervenir contre Israël », a-t-il conseillé, en plaçant le conflit libano-israélien autour du bloc 9 dans le contexte plus large d’une guerre qui porte sur le pétrole dans la région. Le chef du Hezbollah s’est longuement étendu sur le rôle de l’administration Trump sur ce plan et ses « convoitises » dans la région.

En revanche, le chef du Hezbollah s’est appliqué à dédramatiser la question du mur qu’Israël édifie à la frontière, soulignant que jusqu’ici, le mur en question n’a pas empiété sur les points contestés par le Liban sur la ligne bleue.

Son discours s’est surtout distingué par l’absence des menaces et des mises en garde habituelles qu’il adresse à l’État hébreu à chaque fois qu’un conflit émerge, ce qui laisse supposer une volonté de ne pas embarrasser le Premier ministre, Saad Hariri, qui, lorsqu’il était revenu sur sa démission, en décembre dernier, s’étant porté garant du respect de la politique de distanciation à laquelle son gouvernement, dont le Hezbollah fait partie, s’était conformé.

Hassan Nasrallah a contesté la médiation américaine. « Cette médiation constitue une menace pour le Liban. Lorsqu’on demande au Liban de faire des concessions, il ne s’agit plus d’une médiation mais de menaces », a-t-il dit.

Les législatives

À la fin de son discours, Hassan Nasrallah a évoqué sans trop s’y attarder la question des élections législatives, prévues en mai. Il a affirmé que la nouvelle loi électorale, qui se base sur un mode de scrutin proportionnel, n’est pas « une loi pour le Hezbollah » qui permettra au parti d’accéder à la majorité des sièges parlementaires.

« Depuis des semaines, nous entendons que la nouvelle loi électorale va permettre au Hezbollah d’atteindre la majorité des sièges. Ces propos n’ont aucun fondement », a-t-il souligné. Selon le leader chiite, « il n’y a plus de division des forces politiques en deux parties, 8 et 14 Mars, comme lors des élections de 2009 », ce qui fait que, selon lui, les alliances et compétitions seront très variées d’une circonscription à l’autre. Il a affirmé qu’il n’y aura, dans ce contexte, « aucune majorité d’une seule couleur ou d’une seule partie. Le futur du pays est dans le partenariat ».

En ce qui concerne les alliances électorales, le chef du Hezbollah a répondu aux propos du Premier ministre et chef du courant du Futur, Saad Hariri, qui avait annoncé mercredi dans un discours que le Futur n’envisage aucune alliance avec le Hezbollah. « Personne ne vous a jamais demandé de vous allier avec nous, vous pouvez vous tranquilliser », a rétorqué Hassan Nasrallah. Il a également déclaré que son parti ne s’alliera « évidemment pas avec les Forces libanaises ». Et avec son allié, le Courant patriotique libre, « ce sera en fonction des intérêts des deux formations, une alliance ici et une compétition là », a-t-il dit.

Il a annoncé que les différents candidats du parti chiite seront proclamés en début de semaine prochaine, indiquant toutefois que les différentes listes devront encore être discutées avec le mouvement Amal, principal allié du Hezbollah pour le prochain scrutin, et d’autres éventuels alliés.

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