Ankara change de rhétorique: Assad n’est plus un ennemi, mais un frère

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© AP Photo/ Ibrahim Usta

Selon certaines informations, des négociations secrètes seraient en cours entre la Syrie et la Turquie, et il n’est pas à exclure que Damas ait déjà reçu depuis longtemps une lettre d’excuses, pareille à celle qu’Ankara avait envoyée à Moscou, suppose un parlementaire turc.

Lors d’une séance plénière du parlement turc, le chef du groupe parlementaire du Parti démocratique des peuples (HDP, pro-kurde), Idris Baluken, a exigé du gouvernement qu’il fasse toute la lumière sur les rumeurs concernant des négociations secrètes entre Ankara et Damas.

« Les médias rapportent qu’en Algérie et ailleurs, des négociations secrètes sont en cours entre la Syrie et la Turquie. Tout porte à croire qu’Ankara se prépare à changer de rhétorique et à ne plus qualifier d’ennemi, mais de frère (le président syrien Bachar el-) Assad. Il se peut même qu’une lettre d’excuses ait été envoyée à Damas il y a de cela un certain temps », a déclaré M.Baluken dans une interview à Sputnik.

Et de rappeler que les parlementaires turcs n’avaient pas été informés en amont de la lettre envoyée à Moscou.

« Aussi ne s’étonnera-t-on pas du tout si on venait à apprendre qu’une lettre similaire a été envoyée à Damas. Si tel est le cas, le (président turc) Recep Tayyip Erdogan doit l’annoncer officiellement », a poursuivi le député, ajoutant que le Parti de la justice et du développement (AKP, pouvoir) était responsable de la politique désastreuse de la Turquie.

Les relations entre Moscou et Ankara étaient au plus bas suite à l’incident avec le Su-24 russe abattu par un chasseur turc dans le ciel syrien en novembre 2015. Vladimir Poutine avait qualifié cet incident de « coup dans le dos » de la part des complices des terroristes, et une série de sanctions économiques ont été introduites à l’encontre d’Ankara.

Plus tard, le chef de l’Etat turc Recep Tayyip Erdogan s’est excusé pour l’incident avec le Su-24 russe ainsi que pour la disparition du pilote Oleg Pechkov, en remplissant ainsi les préalables nécessaires à la reprise des relations bilatérales.