Pour Kanaan et Riachi, la réconciliation chrétienne renforce l’instauration de l’État

Conviés par l’Amicale des anciens du collège N-D de Jamhour, Ibrahim Kanaan, député du Courant patriotique libre (CPL), et Melhem Riachi, responsable de la communication au sein des Forces libanaises (FL), ont tenu hier une conférence conjointe autour du thème « De l’unité chrétienne à l’unité nationale », au cours de laquelle ils ont tous deux mis l’accent sur le rôle de la récente réconciliation interchrétienne dans le renforcement de l’unité nationale et de l’État.

Prenant d’abord la parole, M. Kanaan a affirmé que la réconciliation entre les FL et le CPL ne concerne pas seulement les deux partis, mais « se soucie de réunir tous les chrétiens autour de meilleurs équilibres et d’un projet national en rapport avec l’instauration d’un État ». Il a souligné qu’« après l’entente de Meerab, le 18 janvier 2016, l’avenir paraît plus lumineux, puisque nous nous rassemblons désormais autour d’une vision de l’État ». « Notre réconciliation constitue à présent la base d’un nerf chrétien établi en vue d’une unité nationale fondée sur le partenariat, pour protéger le Liban et son image », a-t-il insisté, se félicitant encore de ce que l’entente « a jeté les bases dune vision pour l’avenir, une nécessité dans une région qui connaît de graves conflits et des changements géographiques et sociaux ayant un impact sur les confessions et les communautés à travers l’émigration et le racisme ». Appelant à « penser à l’instauration d’un État moderne », le député du CPL a estimé que celle-ci « commence, à l’ombre des dissensions régionales, par la préservation de notre existence et de notre présence, notamment à travers la libanisation des solutions ».

Évoquant ensuite la question de l’élaboration d’une nouvelle loi électorale, M. Kanaan a insisté sur la nécessité d’« une vraie représentativité ». Il a déclaré que « désormais l’opinion chrétienne est une et, partant, ne pourra être facilement contournée, car quiconque passe outre l’équilibre, l’égalité et la démocratie porte atteinte au concept même de l’État ». Sur une convocation à une séance consacrée à la législation, le député du CPL a affirmé que les composantes chrétiennes boycotteront une séance législative qui n’aura pas été précédée de la discussion d’une loi électorale.

Quant à M. Riachi, il a estimé, lors de son intervention, que « les chrétiens tirent leur force de celle du Liban et, inversement, la Liban puise sa force de celle des chrétiens ». Assurant que l’entente entre le CPL et les FL « ne prend rien à personne mais restitue les droits qui ont été spoliés », il a présumé que celle-ci devrait « susciter un soulagement auprès de tous, parce que l’équilibre naturel consolide l’instauration de l’État et de la justice ». En outre, après avoir évoqué les étapes qui ont conduit au document d’entente du 18 janvier 2016, M. Riachi a mis en garde contre « ceux qui veulent enterrer la réconciliation chrétienne alors qu’elle n’en est qu’à sa première année », appelant à « préserver cet exploit pour qu’il grandisse et se fructifie ».