Deux cents millions de dollars de pertes par an à cause des réseaux illégaux d’Internet

La commission parlementaire des Télécoms a dénoncé, lors de sa réunion tenue hier, une perte évaluée à 200 millions de dollars par an, causée par les réseaux illégaux d’Internet mis à jour il y a quelques semaines.

Les ministres des Télécoms, Boutros Harb, de la Défense, Samir Mokbel, des Finances, Ali Hassan Khalil, ainsi que le directeur général du ministère des Télécoms, Abdel Menhem Youssef, et le général Antoine Kahwagi ont pris part à cette réunion, aux côtés des membres de la commission des Télécoms, présidée par le député Hassan Fadlallah. Les discussions ont porté sur les développements dans l’affaire des connexions Internet illégales et les installations découvertes il y a quelque temps dans les hauteurs libanaises.

« Le ministère des Finances a dénoncé un gaspillage des deniers publics estimé à 200 millions de dollars par an. Ce chiffre est approximatif et constitue à peu près 18 % des rentrées du ministère des Télécoms, a indiqué M. Fadlallah lors d’une conférence de presse organisée avec M. Harb à l’issue de la réunion. L’affaire de l’Internet illégal comprend un côté sécuritaire relié à un possible espionnage israélien ainsi qu’un côté financier relié au gaspillage des deniers publics, a-t-il dit. Le ministre de la Défense nous a mis au courant des investigations en cours », a révélé M. Fadlallah qui a par ailleurs noté l’absence de représentants du ministère de l’Intérieur.

« Pour l’instant, nous pouvons affirmer la présence de quatre stations illégales à Denniyé, Ouyoun el-Simane, Faqra et Zaarour. Les investigations concernant ces stations sont en cours et les personnes concernées sont en train d’être interrogées », a déclaré M. Fadlallah.

Le ministre des Télécoms, Boutros Harb, a pour sa part invité « toutes les parties concernées par ce dossier à coopérer, notamment le ministère de l’Information ». « S’il y a eu laxisme dans l’affaire de l’entrée du matériel des stations au Liban ou son utilisation, cela ne relève pas du ministère des Télécoms, mais peut-être du service des douanes, des postes-frontières ou autres. Les investigations sont en cours afin de déterminer qui en est responsable, a indiqué M. Harb. Ce qui se passe aujourd’hui est une répétition de ce qui s’est passé en 2009 », a-t-il dit, faisant référence à la découverte et au démantèlement, il y a quelques années à Barouk, d’un réseau d’Internet illégal attribué à Israël. « Le rôle du ministère des Télécoms est technique et nous n’avons pas les moyens de déceler du matériel posé dans les hauteurs », a-t-il dit.

La commission des Télécoms devrait se réunir mardi prochain pour continuer à examiner ce dossier.