Le premier ministre libanais, Saad Hariri, renonce à démissionner

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Saad Hariri avait annoncé avec fracas sa démission le 4 novembre depuis l’Arabie saoudite, avant de la suspendre le 22 novembre. Mardi 5 décembre, il a formellement renoncé à sa démission.
Le premier ministre libanais est revenu, mardi 5 décembre, sur sa démission, un mois après cette décision surprise qui avait pris de court le Liban et la communauté internationale, selon un communiqué du gouvernement. « Le conseil des ministres a remercié le premier ministre d’être revenu sur sa démission », a indiqué le gouvernement dans un communiqué lu par Saad Hariri lui-même.

La démission de Saad Hariri, annoncée le 4 novembre dans une allocution télévisée enregistrée à Riyad, a provoqué une crise politique majeure au Liban, sur fond de lutte d’influence régionale entre l’Arabie saoudite, dirigée par une monarchie sunnite, et l’Iran chiite. M. Hariri avait invoqué l’ingérence de l’Iran et du Hezbollah dans les conflits de la région.
Il s’entretiendra vendredi à Paris avec de hauts responsables de la communauté internationale, dont le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson, des moyens de remettre son pays sur les rails après la crise provoquée par sa démission, qu’il a retirée mardi, a annoncé le Quai Orsay. « Le but est de soutenir un processus politique dans un moment crucial (…) Ce sera un message à la fois aux acteurs libanais et aux pays de la région », a-t-on indiqué au Quai d’Orsay.
Volonté de «se distancier» des conflits de la région

Depuis la démission de M. Hariri, les deux camps rivaux au Liban – l’un dirigé par Saad Hariri et appuyé par Riyad et l’autre mené par le Hezbollah chiite et soutenu par l’Iran – cherchaient à trouver un compromis pour éviter au pays un nouveau séisme politique. Mardi, le gouvernement –auquel participent les deux camps – a réaffirmé sa volonté de « se distancier » des conflits de la région.

«Le gouvernement libanais, dans toutes ses composantes politiques, décide de se distancier de tout conflit, de toute guerre et des affaires intérieurs des pays arabes », indique le communiqué lu par M. Hariri. Cette « distanciation» vise à « préserver les relations politiques et économiques du Liban avec ses frères arabes », poursuit le texte. Une telle politique était déjà prônée par ce gouvernement au moment de sa formation en 2016. Mais l’engagement actif, depuis des années, du Hezbollah chiite au côté du régime syrien de Bachar Al-Assad et les accusations saoudiennes mettant en cause son implication dans le conflit au Yémen ont mis à mal cette politique.

La démission surprise de M. Hariri puis son séjour prolongé en Arabie saoudite avait donné lieu à un flot de spéculations sur sa liberté de mouvement et le président Michel Aoun avait accusé Ryad de retenir M. Hariri en « otage ». Il est rentré au Liban trois semaines plus tard, après une « exfiltration » négociée par la France et avait alors gelé sa démission.