TERRORISME EN DEBAT ?

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On apprend que l’IREMMO (Institut de recherche et d’études méditerranéennes Moyen-Orient) organise prochainement un colloque intitulé « Le terrorisme en débat ». A priori, c’est une bonne nouvelle. Bonne nouvelle… chaque fois qu’on peut produire un peu de jus de crâne sur ce dossier qui donne lieu à tellement de malentendus, de contre-sens, d’idéologies, sinon de propagandes.

Malheureusement, en l’occurrence la première table ronde du colloque en question intitulée « Aux origines du terrorisme » est « modérée » par… Madame Agnès Levallois, « consultante ». Ca part mal et d’autant plus mal que cette « consultante » multirécidiviste dit tout et son contraire sur les Proche et Moyen-Orient – depuis des années – en fonction des commandes de ses chers clients. Egérie des mal nommées « révolutions arabes », comme son copain Jean-Pierre Filiu, parce qu’il fallait absolument coller à la ligne Fabius estimant que « les p’tits gars de Jabhat al-Nosra (la Qaïda en Irak et en Syrie) font du bon boulot… » -, la dame mêle d’une manière très commerciale la quête de la vérité avec ses affaires. Par conséquent, et pour y voir plus clair sur les origines du terrorisme, on peut craindre le pire.

La suite n’est guère plus rassurante puisque le programme nous annonce la participation du journaliste Alain Gresh. Cet ancien du Monde Diplomatique, écarté à cause de sa proximité d’affaires et d’idéologies avec le télé-corano-évangéliste Tariq Ramadan – le BHL de l’Islam -, multiplie actuellement démarches et influences pour que son mentor obtienne… la nationalité française ! Le grand rêve de Ramadan : être candidat à l’élection présidentielle française de 2022 pour « communautariser » le vote musulman. Tout un programme auquel Alain Gresh souscrit et collabore. Là-aussi, on n’est guère rassuré sur ce qui pourra être dit sur la filiation idéologique de la Confrérie des Frères Musulmans – matrice essentielle du terrorisme contemporain -, dont Ramadan est un agent d’influence, financements du Datar à l’appui… Comme pour le cas précédent : les affaires sont les affaires.

La suite est encore plus édifiante, puisque la deuxième table – qui sont les jihadistes ? – ronde sera « modérée » par Dominique Vidal, présenté comme « historien » ! En l’occurrence « historien auto-proclamé », cet autre thuriféraire des « révolutions » arabes est, lui-aussi un digne représentant de la ligne Fabius et d’une cause palestinienne formatée aux contraintes du politiquement le plus correct, entre droit-de-l’hommisme dominant et détestation des mondes chi’ites.

Participe à cette deuxième table le savoyard égaré François Burgat, lui encore adepte frémissant de la ligne Fabius et de la Confrérie des Frères musulmans, Frères musulmans qu’il considère comme les démocrates-chrétiens de l’Islam… Plus grave quant au terrorisme contemporain, après ses différents livres – dont L’islamisme en face, autre apologie des Frères musulmans -, ce « chercheur » émérite qui travaille aussi avec Christine Ockrent et Bernard Kouchner dans un think-tank bruxellois très juteux, nous répète depuis des années que la violence terroriste actuelle n’est qu’un juste retour de nos anciennes guerres coloniales ! Ce n’est pas complètement faux, mais ce qui l’est, est bien de réduire ainsi la causalité du phénomène terroriste à cette seule dimension…

La cerise sur le gâteau, reviendra à Jean-Paul Chagnollaud, le président de l’IREMMO qui conclura cette joyeuse réunion. Lui-aussi, défenseur des Palestiniens – tendance démocratie-chrétienne – pourra s’assurer de la bonne tenue des débats qui, on l’a compris se passeront entre-soi, entre gens de bonne compagnie, sans contradiction ni trouble-fête, justement. Sans insulter l’avenir, gageons que – dans ces conditions douteuses de pluralisme et de scientificité -, on n’apprenne pas grand-chose de nouveau sur le terrorisme contemporain qui aurait mérité mieux, beaucoup mieux…

Entre colloques post-vérité et censures de retour, la planète de l’intelligentsia parisienne évolue de manière de plus en plus curieuse. Songeons seulement au colloque scientifique et pluraliste (celui-là) sur la crise syrienne qui devait se tenir au Mémorial de Caen en novembre dernier – annulé au dernier moment à la demande du « chercheur » pro-israélien Bruno Tertrais et des sœurs Kodmani/porte-paroles de la rébellion syrienne « modéré », « laïque » et « démocratique » -, et aussi à la dernière annulation du même colloque qui aurait dû se tenir à la Sorbonne et… censuré par les mêmes « démocrates » !

Songeons aussi à l’ostracisation et aux menaces dont est actuellement victime l’un de nos islamologues les plus compétents – Gilles Kepel – dont les recommandations opérationnelles ont été soigneusement passées à la déchiqueteuse par les commissaires politiques de Matignon et du Quai d’Orsay. Il est vrai que l’actuel patron de Centre d’analyses et de prévisions du ministère des Affaires étrangères – Justin Vaïsse, spécialiste des Etats-Unis, pour ne pas dire clairement néo-con à la française – se dépasse et se dépense sans compter pour nous expliquer qu’il y a de « gentils » salafistes qui n’ont rien à voir avec les terroristes contemporains et que l’Arabie saoudite est une « démocratie » méconnue – seulement victime d’une mauvaise communication – avec laquelle nous avons tout intérêt à continuer à faire des affaires ! Heureusement Anne Méaux, la chère Anne veille au grain, sa boîte de com. – Image-7 – ayant été dument saisie par les « démocrates » wahhabites pour rétablir la vérité. Quel monde !