Rétrospective – 13 Octobre 1990 : Le récit des 48 dernières heures

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Palais présidentiel de Baabda - 13 octobre 1990Jeudi 11 Octobre 1990, début de matinée

[A l’occasion de la commémoration du 13 octobre 1990, nous vous proposons, à travers des récits d’époque, de vous replonger dans l’atmosphère d’un des moments les plus tristes de l’histoire du Liban]

Le soleil vient à peine de se lever sur Baabda que les informations alarmantes commencent à converger en provenance des différents fronts. Un à un, les responsables des postes d’observation de l’armée libanaise envoient des rapports inquiétants: l’armée syrienne, dans un mouvement de troupe inhabituel, achemine hommes et matériels vers le front.

Les services de renseignement de l’armée implantés derrière les lignes ennemies ont déjà reporté l’annulation des permissions accordées aux soldats et officiers syriens ainsi que l’ordre de ralliement aux campements. Ils observent les chars quittant peu à peu les casernes syriennes pour s’approcher des différents fronts. Entourés de nuées de poussière suspendues à des exhalations de mazout, les tanks de fabrication soviétique se dirigent dans un vacarme assourdissant vers Souk El Gharb, Aley, Aïroun, Dahr el wahch, Monte Verdi, Kfarchima, la Banlieue Sud de Beyrouth… tout au long de la journée, les syriens montent progressivement leurs troupes vers les lignes de front qui les séparent de l’armée libanaise. Le Liban s’apprête à vivre les 48 heures les plus sombres de son histoire :

En début de semaine, le Nonce Apostolique au Liban, Monseigneur Puente, rendit visite au général Aoun pour l’informer de la préoccupation du Pape quant à une intervention syrienne imminente, et du sang qui allait être versé. Il pressa le Général d’éviter la bataille en participant au Gouvernement issu de Taëf ou en se retirant du pouvoir. Le Général lui signifia qu’il ne pouvait pas démissionner de ses responsabilités afin d’éviter l’inévitable.

L’acquis de ce combat perdu d’avance était le droit à la résistance contre une force d’occupation. Un droit que la résistance libanaise pouvait se prévaloir pour toute démarche ultérieure à entreprendre devant les instances internationales afin de faire sortir les syriens du Liban. Sans bataille frontale entre les deux armées, les syriens allaient encore une fois prétendre faire face à une « guerre civile libanaise » qu’ils sont venus « résoudre à la demande des libanais » ! Par ailleurs, faute d’être adopté à travers les urnes, Taëf allait s’imposer par les armes. Il perdait ainsi toute légitimité, à défaut d’avoir gagné une quelconque légalité.

Toutefois, le général Aoun fit comprendre à son interlocuteur que dès le début de l’engagement de l’armée syrienne dans la bataille, et au vu de l’inégalité des forces et du feu vert israélo-américain, il allait demander un cessez-le-feu et se déclarer battu. En réalité, c’était le seul moyen pour le Liban de garder son droit, tout en évitant un nombre élevé de victimes. Il gagnait ainsi politiquement ce qu’il allait perdre militairement.

Au palais présidentiel de Baabda, les informations concernant une intervention syrienne concordent et se précisent. L’épouse d’un ancien président de la république rapporte le contenu de sa conversation avec l’ambassadeur de Grande Bretagne au Liban ; « les syriens interviendront avec leur aviation ».

Plus important encore, sur la table du haut commandement en chef de l’armée libanaise se trouvait une copie du procès verbal du conseil des ministres du gouvernement de collaboration de Taëf. Il faisait état de la demande expresse d’Albert Mansour, l’homme de main de la Syrie en charge de la défense, de faire intervenir les pilotes de l’armée libanaise résidants sous son contrôle et celui des milices libanaises chrétiennes, pour bombarder leurs propres compagnons d’armes à Baabda. Cela devait arranger la Syrie qui souhaitait montrer à l’opinion publique internationale un combat interlibanais, plutôt que Syro-Libanais. Cette tentative échoua net : les pilotes ont tous refusé d’exécuter un tel ordre.

Militairement, la Syrie n’avait d’autre choix pour éliminer Aoun que celui de se dévoiler et de participer à la bataille d’éviction. Toutes les autres options avaient échoué. En effet, le combat engagé par milices interposées n’avait pas abouti à ses fins (Bataille de Souk el Gharb en Août 89 entre Armée et PSP, et la guerre entre Armée et les FL en Février 1990). Aucune autre milice – ni l’armée de Lahoud formée à la hâte et sans grande motivation – n’avait la capacité de réaliser un projet d’une telle envergure.

Jeudi 11 Octobre 1990, vers 11h30

Les « Sukhoys » Syriens survolent les régions libres à basse altitude et passent au dessus de Baabda. L’apparition des avions de chasse syriens était riche en messages:

-Le premier est politique; il était désormais clair que les Etats-Unis et Israël venaient d’autoriser la Syrie à intervenir sur le terrain. Jamais auparavant, l’aviation syrienne n’avait pu survoler le territoire libanais sans être pourchassée et abattue par l’aviation Israélienne. Les lignes rouges devenaient soudainement vertes, et l’entente tacite entre Israéliens et Syriens sur le partage du Liban ne pouvait pas être plus explicite.

-Le second est militaire ; le survol des régions libres signifiait un repérage des lieux précédant une intervention imminente.

Dès lors, les dés étaient jetés, et rien n’allait plus !

Parallèlement aux préparatifs militaires, les Syriens, les Israéliens et la diplomatie américaine entreprennent des actions subversives afin de tromper les libanais et certaines ambassades occidentales, spécialement la France. Cette dernière possède une grande capacité de mobilisation d’opinion, et tout le monde se souvient de l’arrivée d’une quarantaine de députés français à Baabda, et à leur tête François Léotard, pour faire face à la première menace Syrienne au lendemain de l’ultimatum de Hraoui, lancé le 26 Novembre 89.

Ainsi, reçu par le Gouvernement de Taëf le 11 Octobre, Monseigneur Puente déclare « aujourd’hui, je suis plus optimiste que jamais ». Uri Lubrani, coordinateur des activités Israéliennes au Liban déclare le lendemain (12 Octobre) que les lignes rouges tiennent toujours. Un responsable du département d’Etat américain qui désire garder l’anonymat déclare le même jour à l’AFP à propos des syriens: « nous ne leur donnons certainement pas le feu vert ». Quant aux Syriens, ils gardent un silence absolu autour de leur mobilisation. Ghazi Kenaan croit tromper le général Aoun en fixant un rendez vous avec Pierre Raffoul, Coordinateur du BCCN, le samedi 13 Octobre à 6 heures du matin…

Mais personne n’est dupe à Baabda. Les rapports des services de renseignement font un état des lieux précis sur le matériel et les fantassins syriens massés sur le front. Ils précisent que ces forces ont été mobilisées pour une opération qui aura lieu dans les 72 heures, et que l’aviation syrienne interviendrait à chaque fois qu’il y aura résistance.

Entre 20h et 22h, l’alerte générale est lancée. Le Général Aoun avertit Dany Chamoun- président du Front Libanais- ainsi que plusieurs membres du Front de la gravité de la situation.

Les habitants des zones libres ne tardent pas à réagir et font sonner les cloches des églises pour se mobiliser. Toute la nuit durant, des habitants quittent leurs domiciles pour rallier le Palais Présidentiel de Baabda, symbole de la résistance.

Peu à peu, ils forment un bouclier civil contre les chars syriens. Ils ont la foi, car quelques mois plutôt, leur action héroïque avait réussi à elle seule à stopper in extremis l’invasion syrienne.

Parallèlement, le Général Aoun et ses conseillers s’activent à rédiger et à envoyer des lettres aux grands responsables de ce Monde tel que Bush, Gorbatchev, Jean Paul II, et François Mitterrand, alors que les membres du Front Libanais entament des contacts au niveau des représentations diplomatiques étrangères au Liban.

Le soir venu, le Général Aoun se mélange aux manifestants. Il leur explique que chaque fois que la Syrie a commis un grand crime, elle en commettais un deuxième encore plus grand afin de couvrir le premier. Il cita plusieurs exemples tel l’assassinat du leader Druze Kamal Joumblatt et les massacres perpétrés qui s’en suivirent dans le Chouf. Il termina dans une phrase prémonitoire « il y a encore deux crimes qui n’ont pas encore été commis par les Syriens, celui de me tuer et celui d’envahir Baabda ».

Vendredi 12 Octobre, avant midi

Une réunion a lieu entre le général et le Front Libanais vers 10h du matin. Ces derniers reportent les propos apaisants recueillis par diverses ambassades.

En cette matinée, les contacts politiques et diplomatiques intensifs continuent alors que la foule campe devant le palais présidentiel. Rien n’entame le moral des manifestants, pas même le bombardement intensif en provenance des milices situés à l’Est. Un second survol des avions syriens marque cette matinée.

Vendredi 12 Octobre, l’après midi

Pendant que le général Aoun s’adresse à la foule, des tirs retentissent dans l’enceinte du palais. Les balles manquent de peu leur cible et atteignent mortellement Joseph Raad, un membre de la garde.

La foule se jette sur le tireur pour régler son sort alors que les gardes du corps dule poussent vers le sol afin de le protéger. A cet instant, tout le monde craint la présence d’un groupe de terroristes dans l’enceinte du palais. L’armée tire en l’air pour écarter la foule et isoler l’assassin. Soucieux de sauver la vie du forcené, le Général lance à Chamel Roukoz, un officier qui accourait pour maîtriser le tireur « Sauvez le, sauvez le ! ».

François Hallal sera sauvé ! Il avouera avoir été envoyé par Abdallah Al Amine, sur ordre des services de renseignements de Damas. L’assassin sera « récupéré » le lendemain par les troupes syriennes et apparaîtra lors d’une conférence de presse auprès de Abdallah Al Amine.

C’est avec un ton sûr mais avec le visage sombre que le Général termine son intervention. Il prie les citoyens de rentrer chez eux, et ce pour leur propre sécurité. L’heure de la séparation a sonné !

Le gouvernement Aoun n’abandonne pas les négociations pour autant. Il était hors de question de lui faire porter le chapeau d’une rupture de négociations unilatérale pour justifier une intervention militaire. Vers 21H, il rencontre pour la dernière fois le docteur Pierre Daccache en compagnie de Amer Chehab, chef des services de renseignements. Le Général signe un ultime compromis en 9 points dont le contenu est le suivant :

1- Levée du Blocus
2- Reconnaissance de Hraoui
3- Démission des deux gouvernements Aoun et Hoss simultanément
4- Formation d’un gouvernement d’Union Nationale crédible et représentatif à négocier d’un commun accord.
5- Dissolutions des milices, puis
6- Unification de l’Armée
7- Abstention de la nomination de nouveaux députés
8- Elections législatives libres sous contrôle international (ex sous l’égide de l’ONU)
9- Ratification des réformes constitutionnelles

Une fois signé, le document sera remis en mains propres par le Dr Daccach à l’ambassadeur René Ala qui le transmettra à son tour à Hraoui…qui ne répondit jamais!

Les syriens n’étaient pas pressés d’accepter une solution pacifique au problème de Taëf. La reconnaissance de Hraoui par Aoun ne les arrangeait pas pour autant car en fin de compte l’ensemble du processus devait avoir l’approbation du peuple (voir 8ème point) avant toute ratification. Le général Aoun venait de prouver encore une fois les réelles intentions syriennes. Taëf tel quel n’était dès lors qu’un leurre! Une sorte d’emballage démocratique nauséabond couvrant la pire des dictatures et des occupations !

La soirée du 12 Octobre se termine par une réunion entre le Général et le Front Libanais. Durant cette réunion, le Général reçoit de ses officiers un document d’une rare précision: une copie de l’ordre d’opération envoyé par le quartier général syrien à ses officiers. Il précisait notamment l’heure du début des opérations. D’autres émissaires nocturnes signifièrent le même message.

Le général Aoun termine ses réunions et se couche vers minuit. La journée du 13 est déjà bien planifiée dans son esprit. Dès que la chasse syrienne lancera ses missiles il se déclarera battu et signera un cessez-le-feu. Comme indiqué à Mgr Puente, Il gardera ainsi le droit des libanais à réclamer le départ des troupes d’occupation. L’intervention de la chasse syrienne étant la plus grande preuve d’ingérence et d’occupation que la Syrie pouvait fournir à cet instant de l’Histoire. Le cessez-le-feu et la passation du pouvoir devaient éviter toute effusion de sang. C’est dans ce contexte que le Général, et à la grande surprise des observateurs, ne mobilisera pas sur le front ses troupes de réserves (les éléments de la 8ème brigade).

Quant à son sort personnel, il l’avait évoqué le soir même avec un prêtre venu lui rendre visite. « …il peuvent me tuer, mais je ne signerai pas les accords de Taëf ».

Toutefois sa famille lui posait un problème. Baabda étant une cible militaire, lui-même ainsi que ses conseillers essayèrent de convaincre son épouse de ne pas rester au Palais. Mais toutes les raisons de la terre et les armées du monde ne pouvaient convaincre une femme de quitter son mari ! Et la famille Aoun resta solidaire du père de famille jusqu’au bout…

Samedi 13 Octobre, 6H du matin

De l’autre côté du front, un Général déserteur se tenait au garde à vous s’apprêtant à se lancer dans le sillage de l’occupant à l’assaut de ses propres troupes. Il attendait avec impatience l’arrivée de l’aviation syrienne prévue à 6h.

L’attente fut longue, car il ne comprit pas encore que le Liban vivait désormais à l’heure syrienne. Le décalage était d’une heure entre Damas et Beyrouth à cause du passage à l’heure d’hiver. Il fallait attendre 7h avant que la chasse syrienne n’intervienne.

Le général Aoun était déjà debout lorsqu’il entendit les avions syriens passer au dessus de Baabda et bombarder la région. En quelques instants, les canons syriens déversent leurs salves d’obus par dizaine de milliers sur les zones libres. Aux obus syriens, s’ajoutaient des obus en provenance du Kesserouan.

Vers 7H30 : tous les fronts résistent à l’attaque syrienne. Le général Aoun contacte l’ambassadeur de France, témoin privilégié des événements, pour lui signifier que le plan de sauvetage en 9 points était désormais mort. Comme prévu, il se considéra comme battu et demanda à René Ala de négocier le cessez-le-feu avec les autorités compétentes. Le Général demande à recevoir un représentant officiel de l’armée de Lahoud afin d’effectuer la passation. Il était hors de question qu’un seul syrien ne franchisse la région.

Mais les syriens ont un autre plan en tête. Au-delà de Taëf, ils voulaient briser l’armée libanaise et rentrer au sein même du ministère de la défense et du palais présidentiel pour faire main basse sur l’ensemble des archives et des documents. Les syriens vont tromper René Ala. Pour cela, Hraoui réclame à l’Ambassadeur français la présence personnelle du Général à l’ambassade de France lors de la déclaration du cessez-le-feu. Pour Hraoui, le fait que le Général soit en présence d’un tel témoin (l’ambassadeur), l’empêcherait de faire une ruse militaire et de lancer des contre-ordres.

L’ambassadeur Ala appelle le Général vers 8h du matin et lui transmet les nouvelles conditions. Il doit se rendre à l’ambassade de France. Le Général hésite et demande réflexion. N’étant pas en position de force, il décide de se rendre à l’ambassade pour le cessez-le-feu quitte à revenir pour la passation au Palais. Il s’embarque dans un blindé M113 et se dirige sous un bombardement intensif vers l’ambassade de France.

Arrivé sur place, il découvre de nouvelles conditions émises par l’équipe Hraoui, Lahoud, et Mansour : effectuer la passation de pouvoir à travers un communiqué, sans avoir au préalable signé un cessez-le-feu!

Le général Aoun signe le communiqué et avant même qu’il ne soit lu à la radio libanaise, entre 8H30 et 9H, il demande à Amer Chehab (S.R) et Jean Farah (le responsable de la salle des opérations) de se mettre à la disposition de Lahoud.

A 8h30 du matin, l’ensemble du front résiste toujours malgré des attaques d’une rare violence. Les syriens essuient de lourdes pertes. Les chars en flammes sont visibles au loin. On estime les pertes syriennes entre 400 et 800 morts.

Malgré la lecture du communiqué, les autorités de Taëf reviennent à la charge et demandent au Général de lire le message lui-même (au lieu du commentateur radio). Le Général enregistre le message de passation à 9H : il demande clairement aux militaires de passer sous les ordres du général Lahoud. Il sera diffusé un peu plus tard à la radio libanaise. Le cessez le feu est prononcé par le général Lahoud vers 9h30, soit 2 heures environ après la proposition de cessez-le-feu faite par le général Aoun (7h30). Que de victimes entre temps!

Dès cet instant, le général Aoun cesse de communiquer avec quiconque. Il rend ses postes-radios à l’ambassadeur de France. Les autorités de Taëf l’empêcheront de regagner le Palais Présidentiel pour la passation de Pouvoir. Entre temps, les généraux Abou Jamra et Maalouf rejoignent l’ambassade de France. Après le cessez le feu, trois obus syriens atteindront le salon de l’ambassade de France. Par miracle, il n’ y eut pas de victimes. Après 14h, la famille du général Aoun est évacuée du palais présidentiel occupé par les syriens pour rejoindre l’ambassade de France.

Ainsi, le général Aoun ne s’était jamais rendu à l’ambassade de France pour demander l’asile, comme l’ont répété les autorités de Taëf. Il s’était rendu sur place à la demande des autorités de Taëf, comme l’a confirmé d’ailleurs l’Ambassadeur de France au journal l’Orient-le-jour en date du 24 Octobre 1990.

Par ailleurs, René Ala avait eu l’accord des autorités de Taëf pour qu’un hélicoptère puisse déplacer le jour même les trois généraux (Aoun, Abou Jamra et Maalouf) vers Chypre où les attendait un Falcon Mystère de l’armée française. L’avion attendit 48h sur le sol chypriote avant de repartir…vide ! Le général Aoun n’a pu quitter sa résidence forcée qu’un an plus tard, le 29 Août1991, à travers l’opération « Hortensia ».

Malheureusement pour la suite, l’histoire ne s’arrêta pas au cessez-le-feu puisqu’il ne fut jamais respecté. Alors que l’armée libanaise attendait les troupes du général Lahoud pour se rendre, ce dernier ne se présenta point et c’est l’armée syrienne, contre toute attente, qui arriva sur les lieux. Les soldats étaient livrés à leur sort.

Peu soucieuse des cessez-le-feu et des conventions de Genève, l’armée syrienne s’adonna au pires sévices et massacres. Entre 9H30 et 14h, plus de 120 soldats et officiers et des dizaines de civils furent exécutés sur tous les fronts tels que Bsous (16 Civils exécutés), Tellet Tamz (4 soldats pendus), Dahr el Wahch (30 soldats exécutés), Beit-Méry/Deir el Kalaa (2 prêtres, une cuisinière ainsi que 10 soldats exécutés). Ces exécutions se sont déroulées alors que les soldats s’étaient déjà rendus. Plus de 25 soldats sont toujours portés disparus, probablement emprisonnés dans les geôles syriennes depuis plus de 14 ans.

Ainsi s’achève l’une des plus sombres journées de l’Histoire du Liban. Mais deux promesses ont été tenues le jour même par les survivants en mémoire de ceux qui nous ont quitté: la première c’est celle de ne jamais cesser le combat pour La Liberté, la Souveraineté et l’Indépendance, car la victoire appartient à ceux qui luttent avec le plus de détermination, et le plus longtemps. La seconde c’est de ne jamais tourner cette page de notre Histoire tant que les responsables de ces crimes contre l’humanité n’auront pas été arrêtés et jugés par la Justice. Il y va de même pour tous les crimes commis entre 1975 et 1990.

Les mères chrétiennes, musulmanes et druzes s’apercevront enfin que leurs enfants ne sont pas morts par ce qu’ils appartenaient à telle ou telle autre religion mais parce qu’ils étaient simplement Libanais.