A Rio, tous les Libanais out

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Le Liban n’a officiellement plus de concurrents sportifs aux Jeux olympiques qui se déroulent actuellement au Brésil, et plus précisément à Rio, après la participation ce week-end de ses deux derniers représentants, Chirine Njeim, qui n’a pu faire mieux qu’une 109e place au classement général du marathon féminin, et Ahmad Hazer, définitivement éliminé dès le tour préliminaire des séries du 110 mètres haies.

Avec donc un palmarès 2016 vierge de toute médaille, le Liban perpétue ainsi la tradition locale voulant que le Col (Comité olympique libanais) envoie lors de chaque olympiade, tant hivernale qu’estivale, et presque sans interruption depuis 1936, une belle et dynamique délégation nationale, mais hélas à dominante plutôt administrative que sportive. Cette anomalie fait que la délégation retourne (malheureusement) presque toujours de son périple olympique sans pépite à se mettre sous la dent, exception faite des quatre médailles remportées il y a déjà plusieurs décennies, et dont la plus récente remonte à 1980, grâce au lutteur Hassan Béchara, qui remportait alors la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Moscou dans la catégorie des poids super lourds (+ de 100 kg).

L’autre médaille de bronze libanaise revient à Khalil Taha, qui avait réussi à grimper sur le podium de la lutte gréco-romaine dans la catégorie des moins de 73 kg, lors des Jeux de Helsinki (Finlande) en 1952.
Mais les principaux faits d’armes libanais aux JO restent incontestablement deux deuxièmes places à mettre au crédit de Zaccaria Chéhab et Mohammad Traboulsi, qui se hissèrent sur la deuxième marche du podium et accrochèrent chacun une médaille d’argent autour du cou, respectivement en lutte gréco-romaine à Helsinki en 1952 pour le premier, et en haltérophilie pour le second lors des Jeux de Munich de 1972.

Pas de miracles

Les athlètes présents cette année à Rio n’ont malheureusement pas pu imiter leurs prestigieux prédécesseurs et, après les déceptions de Ray Bassil au tir (trap) et Nacif Élias en judo, tous les espoirs libanais reposaient sur les épaules de Chirine Njeim, qui s’était qualifiée pour ces JO grâce à un excellent chrono de 2h 44′ 14 » obtenu lors du marathon de Houston en janvier dernier.

Hélas pour elle, Njeim, qui s’était entraînée sans relâche depuis cette date dans l’optique des Jeux de Rio, n’a pu améliorer sa performance, parcourant la distance en 2h 51′ 08 », qui lui vaut de terminer ce marathon à la 109e place, loin derrière la Kényane Jemima Jelagat Sumgong, médaillée d’or avec un temps de 2h 24′ 04 ».

Quant à Ahmad Hazer, il est arrivé dernier de sa série (la quatrième) lors du tour préliminaire du 110m haies, réalisant au passage un chrono de 15 » 50, un temps synonyme également de la 35e et dernière place de ces séries, hormis les cinq autres participants qui ont été disqualifiés et dont le temps n’a pas été pris en compte.

Finalement, et malgré des résultats plus que décevants, les athlètes libanais présents à Rio auront pourtant tout donné pour tenter d’offrir au Liban une médaille, mais malheureusement dans le monde du sport, l’entraînement à caractère purement sportif ne suffit pas, car le mental, l’expérience et surtout le fait de savoir supporter la pression lors d’un événement aussi important et médiatisé sont des facteurs sur lesquels les sportifs libanais, toutes disciplines et sports confondus, doivent se pencher sérieusement avec l’aide d’entraîneurs spécialisés pour espérer améliorer leurs performances