Aïn el-Heloué. Un coup de force islamiste imminent?

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La situation sécuritaire du camp de Aïn el-Heloué où règnent le chômage, la misère et le radicalisme, sans oublier la densité populaire, est explosive. Les défis auxquels les réfugiés palestiniens font face au Liban augmentent pour deux raisons. La première est l’arrivée de quelque 50 000 Palestiniens venus de Syrie, qui s’ajoutent aux 350 000 déjà présents au Liban.

La deuxième est la régression des services fournis par l’UNRWA. Des Palestiniens sont descendus dans la rue pour accuser l’Office des Nations unies de vouloir la mort lente des réfugiés, privés de travail, de domiciles, de soins de santé et d’enseignement. Toute réduction des services de l’UNRWA se répercutera sur la stabilité libanaise, la vengeance pouvant devenir violente.

Le général Abbas Ibrahim, directeur général de la Sûreté générale, se démène pour résoudre cette crise dont les retombées sur le plan humain, sécuritaire et social seraient très grandes pour le Liban. Il œuvre à réunir les factions palestiniennes avec le directeur général de l’UNRWA, Mathias Chamali.

Les besoins dramatiques poussent de très nombreux jeunes des camps à rejoindre les mouvements radicaux, attirés par différentes tentations notamment celle de la drogue et encouragés par un confessionnalisme exacerbé. Des informations avaient noté la disparition de groupes de jeunes du camp de Aïn el-Heloué qui auraient rejoint, via la Turquie, Raqqa, la capitale autoproclamée de Daech en Syrie.

Le rêve expansionniste de Daech, disent des experts, continue à se réaliser dans les camps palestiniens à travers Aïn el-Heloué. Son plan n’est pas nouveau. Mais l’heure «H» dépend des circonstances et des données. La charge est dévolue à Imad Yassine, ancien commandant du groupe Jund el-Islam et à ses principaux adjoints: Halal Mohammad Hilal et Jamal Ramide el-Chichani, qui comptent de nombreux adeptes infiltrés dans les camps notamment à Taamir-Aïn el-Heloué et el-Menchiyé…

Le Fateh craint les scénarios mis au point par les islamistes à l’intérieur du camp avec Daech pour prendre le contrôle de Jabal el-Halib où le Fateh s’est redéployé avec une force militaire jamais vue.